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Centre ville et autres monuments


Maison de GASSIES - Maison EYQUEM - Maison FLOUS
Maison LA ROQUE - Maison MESSIDAN
Monastère Franciscain - Couvent des Ursulines - Quai Fluvial - Viaduc
Autres monuments
MAISON DE GASSIES   XVIe siècle - Calcaire - 12, rue Eyquem

La maison d'Ysabeau de Gassies s'organise autour d'un retrait sur la rue Eyquem, formant cour et justifiant une tour polygonale et un escalier à vis, selon le dispositif générique de la Renaissance. La cour est articulée autour de deux maisons, dont l'une porte au premier étage un mascaron sur une clef d'arc en plein cintre.

 

MAISON EYQUEM   XIIIe siècle - Calcaire - 19, rue Eyquem
Située à l'angle de la première enceinte contre la porte fortifiée du même nom, la maison Eyquem ne possède qu'une façade éclairée sur rue, caractérisée à l'étage par de monumentales baies gémi-nées à remplages trilobés correspondant probablement à une salle de réception. La demeure comporte un escalier d'accès au chemin de ronde inclus dans l'épaisseur du rempart et un fragment du crénelage d'origine du côté de l'allée des Tilleuls. L'ampleur de l'arc diaphragme subsistant au rez-de-chaussée témoigne de la qualité de l'édifice qui reste la maison la plus ancienne de Saint-Macaire (appelée à l'origine «de Crespignan», puis plus récemment «de Barritault»).

 

MAISON FLOUS   1505 - Calcaire - 8, rue du Canton
Le marché de construction de cette maison a été retrouvé : il est passé le 21 juin 1565 entre Guillaume Flous, bourgeois, et Bernard Giraudeau, maçon. « La muraille depuis la fleur de terre jusqu'à la cime des croisées sera faite par le devant de pierre de taille » : autrement dit, le parement intérieur n'est réalisé qu'en moellons tout venant dit « ribot » en gascon. Le maître d'ouvrage fournit la pierre, la chaux, le sable, l'eau et le logis. Le maçon fait lui-même sa cuisine. La gargouille en saillie démontre qu'il valait mieux garder le « haut du pavé » si l'on voulait éviter la chute des eaux usées des éviers.

 

MAISON LA ROQUE   XIIIe et XIVe siècles - Calcaire - 36, rue Carnot
La lignée des La Roque est attestée dans les archives dès 1348 et se situe dans la catégorie des négociants. Leur demeure présente la composition caractéristique du Moyen Age : arcs brisés au rez-de-chaussée correspondant à l'accès au logement pour le plus petit et à la boutique pour les plus grands, géminées à remplages pour l'étage d'habitation. (façade I. S. M. H. 1926)

 

MAISON MESSIDAN   XIIIe et XIVe siècles - Calcaire - 15, rue Amiral Courbet
L'imposante maison forte trônant dans l'ancien faubourg Rendesse possède une cave voûtée exceptionnelle pour l'architecture civile. L'ouvrage, établi sur un plan trapézoïdal, est voûté d'arêtes retombant sur deux piles axiales octogonales, à l'instar d'une salle capitulaire. Les voûtains sont tous construits en moellons assisés, équarris et traités à la « smille ».
(Cl. M. H. 1889)

 

MONASTÈRE FRANCISCAIN   XIIIe siècle - Calcaire - Cours Notre-Dame-du-Rosaire
C'est le seigneur de Rauzan qui, en 1265, fonde l'un des plus anciens établissements franciscains de France. Situé extra-muros, le monastère n'en reste pas moins un lieu d'arbitrage privilégié : en 1451, le comte d'Armagnac y reçoit la capitulation de Sauveterre-en-Bazadais, et en 1789, les assemblées municipales se tiennent dans l'église aujourd'hui détruite, à la suite de la vente de l'établissement comme bien national. Subsistent les bâtiments conventuels organisés autour de l'ancien cloître avec des percements renouvelés au XVIIIe siècle du côté de la Garonne, et des façades originelles tournées face aux coteaux.

 

COUVENT DES URSULINES   XVIIe siècle - Calcaire - 8-10, rue de Verdun
Les ursulines ouvrent un établissement d'instruction des jeunes filles en 1626 à Saint-Macaire, sur l'initiative des jurats qui désiraient trouver un homologue au collège des jésuites destiné aux garçons et sous la protection du cardinal François de Sourdis. Le couvent ferme ses portes en 1792 pour devenir un hôpital communal, puis une maison de retraite au milieu du XIXe siècle. Reste particulièrement repérable la galerie superposée, scandée par des arcs en anse de panier, qui desservait les salles de cours au rez-de-chaussée et les dortoirs à l'étage.

 

QUAI FLUVIAL   1863 - Calcaire - Chemin de Tivoli
Le quai constitue le troisième port de Saint-Macaire concédé par l'administration en guise de contrepartie pour la mise en impasse du deuxième port de Rendesse. En effet, le complet recalibrage du cours de la Garonne pour garantir la circulation des bateaux entre Bordeaux et l'entrée du canal latéral à Castets-en-Dorthe justifiait la fermeture du bras du fleuve qui desservait le port de Rendesse derrière L'île-Dieu. Il servit un demi-siècle jusqu'à ce que le transport ferroviaire devienne dominant.

 

VIADUC   1855 - Pierre de taille
La décision de construire une voie ferrée insubmersible entre Bordeaux et Sète explique la construction d'un tel viaduc dont les arches monumentales enjambent le « palus » inondable et marquent la limite actuelle entre Saint-Macaire et Saint-Maixant.


Eglise Saint-Sauveur et Saint-Martin


À double vocation prieurale et paroissiale, l'église de Saint-Macaire présente un chevet tri-conque référé à un plan d'édifice centré, dont la quatrième abside aurait été remplacée par une nef unique...
ÉGLISE SAINT-SAUVEUR ET SAINT-MARTIN
Du XIIe au XVe siècle    (Pierre de taille calcaire)

À double vocation prieurale et paroissiale, l'église de Saint-Macaire présente un chevet tri-conque référé à un plan d'édifice centré, dont la quatrième abside aurait été remplacée par une nef unique. Le système de supports en place dans le choeur laisse supposer que l'édifice devait être voûté d'une file de coupoles : les démêlés avec l'abbaye suzeraine Sainte-Croix de Bordeaux ont retardé le chantier et conduit à l'adoption d'un mode de voûtement gothique. Chacune des trois absides est traitée en semi-polygone dont les arêtes sont intérieurement effacées par un jeu d'arcatures aveugles justifiant des couronnes de chapiteaux historiés. Extérieurement, les absides se raccordent par des contre-courbes à la hauteur de l'entablement. L'origine orientale, et plus précisément syrienne, de la conception de l'édifice peut être légitimement avancée. (Cl. M. H. 1840)

TOBIE PORTANT UN POISSON   XIIe siècle - Calcaire

Tobie entretient activement sa communauté en exil à Ninive. Il recherche de la nourriture et assure l'inhumation de ses morts. Cette représentation n'est pas sans rapport avec l'importance de la pêche à l'esturgeon  ("créac" en gascon), en Garonne.

 

GRIFFONS ET HOMME-OISEAU   XIIe siècle - Calcaire
Le bestiaire fantastique apparaît régulièrement dans la décoration sculptée de ces édifices, comme c'est le cas au Moyen Âge en général. La référence à l'Orient, via la Perse sassanide, est là encore évidente.

 

PORTAIL   XIIIe siècle - Pierre de taille calcaire (12m x 6m x 1m)
Mutilé par les huguenots, le portail de l'entrée principale conserve un décor sculpté caractéristique des débuts de l'art gothique en Bordelais.
Le tympan représente le Tribunal suprême, le linteau porte l'alignement des onze apôtres (Judas excepté) et les voussures ajoutent la parabole des vierges sages et des vierges folles incluses dans la théorie des anges. La figuration de la Jérusalem céleste se déploie à la base des voussures sous forme de dais abritant la statuaire aujourd'hui disparue.

 

CADRAN D'HORLOGE   1662 - Maçon : maître Moulinier - Calcaire (80cm x 80cm)
Le cadran de pierre remplace un cadran de bois placé face à la rue principale de Saint-Macaire. Les jésuites cherchèrent à obtenir le déplacement de l'ouvrage à caractère civil. La commune s'y décide en 1764 en transférant l'horloge sur la porte de Benauge où elle demeure encore aujourd'hui. Le cadran est resté dépourvu de son mécanisme.

 

CHRISME   1038 - Calcaire - (d.: 55cm P: 15cm)
Le chrisme scellé dans le gouttereau nord de l'église signale une pierre de consécration datée de 1038 par les inscriptions qui l'entourent. Elle appartient probablement à la précédente église, détruite en 1096 par le duc d'Aquitaine. La double dédicace en latin et en grec témoigne de la permanence de la référence à la chrétienté orientale.

 

SAINT MARTIN DÉFIE LES PAÏENS   Vers le XIe siècle - Calcaire (25cm x 55cm x 30cm)
Réutilisé comme socle d'une statue baroque, le chapiteau illustre un épisode de la lutte de saint Martin contre le paganisme subsistant dans les campagnes. Il propose aux adorateurs de Cybèle d'abattre eux-mêmes un pin sacré et de se laisser attacher à l'endroit où l'arbre devait tomber. Le signe du salut s'oppose alors aux lois de la pesanteur et Dieu triomphe encore une fois du démon.

 

DANIEL DANS LA FOSSE AUX LIONS   XIIe siècle - Calcaire (60cm x 40cm x 30cm)
Daniel échappe à la férocité des lions qui lui lèchent le corps grâce à l'intervention de l'ange qui a conduit par les cheveux Habacuc dans le lieu pour apporter dans sa besace de la nourriture aux fauves. La victoire de la prière sur le pouvoir du roi de Babylone, Nabuchodonosor, explique sans doute le succès de cette représentation sculptée.

 

L'ANNONCIATION   XIIe siècle - Calcaire (60cm x 50cm x 30cm)
Contrairement à l'habitude occidentale, l'ange se situe à droite, dépourvu d'ailes, face à Marie qui tend la main verticalement à plat, en signe d'acceptation de son destin. 

 

LE SACRIFICE D'ISAAC   XIIe siècle - Calcaire (60cm x 40cm x 30cm)
Afin d'éprouver la foi d'Abraham, Dieu lui ordonne de sacrifier son fils unique Isaac. Alors qu'Abraham s'apprête à accomplir l'holocauste, son bras est arrêté sur ordre de l'ange de Yahvé, figuré sur ce chapiteau par la main de Dieu. Convaincu de la fidélité du patriarche, Dieu promet à Abraham une postérité innombrable. La circoncision, qui commémore le sacrifice demandé à Abraham, est instaurée pour sceller cette première alliance entre Dieu et les hommes.

 

GISANT APRÈS LA MORT   XIIe siècle - Pierre calcaire
Un personnage enveloppé dans un linceul gît sur une cuve de sarcophage auparavant surveillée par deux chimères. Ce chapiteau peut être l'illustration du dernier repos de saint Macaire.

 

VANTAUX   1240 - Pin rouge des Pyrénées (470cm x 220cm)
Les vantaux sont sortis indemnes d'une longue période d'utilisation comme plancher à barriques à la fin du xixe siècle. Chaque vantail est constitué de quatre planches d'un seul tenant, l'un d'eux contenant une porte-guichet. Le cadre de la composition épouse le tracé de l'encadrement de pierre originel, en particulier le linteau trilobé. Les cinq pentures métalliques réparties sur la hauteur sont ciselées de chevrons et s'achèvent en fer de lance. Un réseau de traverses sculptées et de montants cloués constitue un décor élaboré avec un jeu de petits arcs à la jonction des verticales et des horizontales.

 

PEINTURES MURALES   XIV et XVe siècles - Fresque
Un tel décor témoigne du goût médiéval pour le pouvoir de représentation des images, dans ce cas, inspirées de miniatures de la cour des Plantagenêts. Le programme monographique reste conforme à l'intention originelle : vision préparatoire de l'Apocalypse dans le cul-de-four axial, parabole des Vierges sages et des Vierges folles sur l'arc triomphal, vie de saint Jean l'évangéliste au carré du transept, vie de sainte Catherine et de saint Jacques au contact des deux absides latérales. Badigeonnées d'un ciel bleu étoilé d'or par les jésuites, ces peintures ont été restaurées en 1825 de manière imparfaite : le rouge domine aujourd'hui, alors que ce devait être le bleu à l'origine.

 

VIERGE À L'ENFANT   XVe siècle - Bois de chêne peint et doré (60cm X 180cm)
Cette statue demeure un exemple significatif du passage du Moyen Age à la Renaissance avec un hiératisme de l'expression des visages et une maladresse dans la représentation des mains. Le bombement du ventre de la mère et l'agitation des jambes de l'enfant appartiennent au nouvel art. L'oeuvre est à rattacher à l'école du bas Quercy centrée sur Moissac. La Vierge aurait été retrouvée flottant sur la Garonne après la mise à sac des huguenots : elle est dédiée aux mariniers du port. En réalité, il semble bien qu'il s'agisse de Notre-Dame des Anges, issue du monastère franciscain hors les murs.

 

SAINT MACAIRE PLAÇANT LA VILLE SOUS LA PROTECTION DE LA VIERGE   XVIIe siècle - Toile de lin
La Vierge à l'Enfant, trônant dans les cieux après le dévoilement par des anges, reste archaïsante pour l'époque. L'abbé Macaire, crosse tournée vers l'intérieur, tient dans ses mains une ville très distante de la réalité macarienne, de même que le paysage de la scène au relief tourmenté.
Toile de lin et bois de sapin doré (293cm X 196cm)
La même thématique, représentée une seconde fois, fait place à une représentation réaliste de la cité dans laquelle se reconnaît aisément la silhouette de l'église Saint-Sauveur. La facture de la composition générale de l'oeuvre et la prolifération des putti ne laissent aucun doute sur son appartenance au courant baroque. 

 

JÉSUS CHEZ MARTHE ET MARIE
XVIIe ou XVIIIe siècle - Toile de lin (220cm x 170cm)
Six jours avant Pâques, Marie parfume les pieds de Jésus venu dîner chez Simon le Lépreux ou chez Lazare. La scène représente en contre-plan une salle d'hôpital avec des malades rassemblés à deux dans un même lit. Il peut y avoir un lien avec l'existence d'un hôpital de lépreux dans la paroisse voisine de Pian.

 

SAINT MARTIN REND VISITE À L'EMPEREUR   XVIIe ou XVIIIe siècle - Toile de lin (180cm x 140cm)
Saint Martin force les portes du palais de Trêves et l'empereur Valentinien cueillir puisque son trône prend feu : il accède aussitôt à l'ensemble des requêtes de l'évêque de Tours. L'église est dédiée à saint Martin pour ce qui concerne la paroisse.

 

CHRIST RÉGNANT   XVIIe siècle - Bois doré (d.: 50cm, H.: 150cm)
Le Christ bénissant, tenant le globe terrestre dans la main opposée, présente un déhanchement et des disproportions qui trahissent l'écart qui peut exister entre une oeuvre artisanale et une oeuvre artistique.

 

RELIQUAIRE   XVIIIe et XIXe siècles - Bois doré
Deux reliquaires en applique sont saint Eutrope : ils possèdent une riche décoration végétale traitée à la feuille d'or. Les quatre reliquaires sur pied sont consacrés à saint Vincent-dePaul, saint François Borgia, sainte Rosa de Viterbe et saint Vincent Levite : les fenestelles laissent voir la relique proprement dite attachée à son attestation d'authenticité.

 

L'ANNONCIATION   Vers 1870 - Maître verrier : Villiet - Vitrail
La pose de nouveaux vitraux constitue la dernière étape de la « médiévalisation » de l'église Saint-Sauveur, entreprise par le Conseil de Fabrique en 1825, avec le dégagement des peintures murales. La baie à remplages gothiques, contemporaine du clocher, est mise à profit pour répartir l'ange Gabriel à gauche et la Vierge à droite, avec en couronnement Dieu le Père. 

 

ARMOIRIES DE SAINT MACAIRE   1878 - Calcaire (d.: 60cm)
La clef de voûte du porche d'entrée, situé sous la nouvelle tribune, permet de clôturer la restauration de l'église après son classement en 1840 par la représentation des armoiries de la cité, avec une inscription latine en périphérie fixant la mémoire du maire de l'époque, Étienne Ferbos.


BUFFETS D'ORGUES   Vers 1880 - Bois naturel
L'église Saint-Sauveur est dotée en 1878 d'une tribune. Celle-ci doit permettre à la liturgie de bénéficier de l'engouement déjà présent depuis 1850 des Macariens pour la musique, phénomène à mettre en relation avec le développement de la tonnellerie et de la prospérité afférente. Le buffet d'orgues et sa montre sont conçus pour solenniser la tribune tout en dégageant la rosace de la façade principale.

 


Place du Mercadiou


Le Mercadiou, « place du marché » en gascon, est ordonnancé sur un plan trapézoïdal à la charnière du noyau urbain initial et de la pente du Thuron descendant au premier port fluvial...
PLACE DU MERCADIOU
XIIIe et XVIe siècles    (Calcaire)
 
Le Mercadiou, « place du marché » en gascon, est ordonnancé sur un plan trapézoïdal à la charnière du noyau urbain initial et de la pente du Thuron descendant au premier port fluvial. Encadrant un espace ouvert de 1 500 m2, des arcades jumelées s'ouvrent au pied des maisons sur les « embans », véritables rues couvertes jalonnées d'étals de boutiques ou « tauliers ». Des andronnes évitent encore la mitoyenneté entre les habitations, comme le prescrivait le droit romain. L'adoption de ce dispositif caractéristique a suggéré abusivement l'assimilation de Saint-Macaire à la série des bastides. Le Mercadiou n'en reste pas moins le temple de la vie laïque, reprenant l'image du cloître et concurrençant le pôle religieux du Saint-Sauveur. (Cl. M. H. 1935)

 

MAISON   XIIIe siècle - Calcaire - 14, place du Mercadiou

Cette façade à baies géminées est représentative de l'architecture des logis de marchands durant la première période de prospérité de Saint-Macaire, avant la guerre de Cent Ans.

 

MAISON À PIGNON TRONQUÉ   XVIe siècle - Pierre de taille calcaire
Les arc, en plein cintre du rez-de-chaussée et les fenêtres à meneaux des étages rattachent le logis au deuxième apogée commercial de la cité, ébranlée par les guerres de Religion. Le pignon tronqué correspond au mode « français » de couronnement qui s'oppose au mode « bordelais » à rive d'égout horizontale. Les gargouilles originelles se trouvent dans un musée aux Etats-Unis : les nouvelles gargouilles sont le résultat de la générosité d'un maçon macarien qui y a inséré sa signature accompagnée de la date (1978).

 

MAISON    XVIe siècle - Calcaire - 11, place du Mercadiou
La demeure présente les corrections optiques initiées à la Renaissance. En effet, les arcs en plein cintre de l'« emban » possèdent un intrados taillé en surface gauche hélicoïdale, de manière à ce qu'ils soient orientés vers l'axe général de la place, alors que l'ensemble est décalé vers le nord.

 


Remparts


Au pied de l'église et du prieuré Saint-Sauveur, la ligne de remparts constitue un soubassement cantonnant terrasse artificielle et anciens celliers...
REMPARTS
XIIIe siècle

Au pied de l'église et du prieuré Saint-Sauveur, la ligne de remparts constitue un soubassement cantonnant terrasse artificielle et anciens celliers. Leur fondement était baigné par la Garonne jusqu'au milieu du XVIIe siècle. Lors des inondations, le fleuve vient régulièrement les saluer. Son doublement sous le monastère explique le renforcement par de solides contreforts très rapprochés qui soutenaient un hourd de bois formant chemin de ronde. La prospérité commerçante est à l'origine de la construction de la première enceinte fortifiée de Saint-Macaire.
(I. S. M. H. 1991)
PORTE DE BENAUGE   XIIIe siècle - Calcaire

La porte principale d'accès à la vieille ville tire son nom de la région de l'Entre-Deux-Mers qui lui fait face : le comte de Benauge fut suzerain avant que la ville ne bénéficie des franchises communales. La possibilité de construire des fortifications, liberté réservée à la noblesse et au clergé, valait démonstration d'émancipation. C'est ainsi que la première maison commune était située contre la porte de Benauge au xvie siècle et que la municipalité n'a jamais conçu le projet de démolir un tel symbole, même si le socle de la tour a été quelque peu rogné pour faciliter le passage des véhicules. (I. S. M. H. 1931)

 

REMPARTS BORDANT LE FAUBOURG RENDESSE   XIIIe siècle - Calcaire

La courtine est conservée ici dans son intégralité, à l'exception des tours et du fossé. Le chemin de ronde se comprend dans toute sa signification avec un rythme de créneaux étroits et de merlons épais incluant une archère cruciforme. (I. S. M. H. 1991)

 

PORTES DU THURON   XIVe siècle - Calcaire

Le faubourg du Thuron, « fontaine » en vieux gascon, s'est édifié sur la pente reliant la place du marché au premier port sur la Garonne. Lorsqu'il a été rattaché à l'enceinte fortifiée, la présence même du port a nécessité un supplément de précautions défensives avec l'adjonction d'une barbacane. Le duc d'Anjou dresse le siège de la ville en 1377 en accédant au pied des remparts par le port. Le chroniqueur Froissart note qu'il y a à SaintMacaire « beau logis et grand ». (Cl. M. H. 1915)

 

PORTE RENDESSE   XIVe siècle - Calcaire
Située au pied du faubourg occupé par de riches marchands en direction du monastère franciscain, et à l'opposé du faubourg du Thuron, la porte Rendesse a gardé intact son aspect d'origine : l'arc intérieur et l'arc extérieur présentent un décalage de gabarit permettant le blocage des vantaux de bois. Le second port est établi à cet endroit au milieu du xviie siècle, suscitant par là même le déplacement du marché. La mise au gabarit du cours de la Garonne au XIXe siècle a définitivement détourné le fleuve d'un contact direct avec la cité. (1. S. M. H. 1991)

 


Hôtel de Ville
 Les assemblées municipales macariennes se tiennent dans le cloître du prieuré Saint-Sauveur jusqu'à la mise à sac de la ville par les huguenots en 1562...
HOTEL DE VILLE
1867    (Calcaire)    8, allée des Tilleuls

Les assemblées municipales macariennes se tiennent dans le cloître du prieuré Saint-Sauveur jusqu'à la mise à sac de la ville par les huguenots en 1562. Après quelques hésitations, le corps de ville se rend acquéreur d'un immeuble contigu à la principale porte de la ville, la porte de Benauge, pour y installer en 1593 la « maison commune ». Au XVIIe siècle, celle-ci est dotée d'un balcon surplombant les fossés pour faciliter la proclamation des actes publics. L'annexion d'une partie des communes voisines de Pian et de Saint-Macaire en 1861 met à l'ordre du jour la construction d'un nouvel hôtel de ville unificateur. C'est ainsi que le 15 septembre 1867 est inaugurée l'actuelle mairie avec une prison au rez-de-chaussée, un prétoire de justice de paix au premier étage et une chambre du conseil au second, le bâtiment ayant les mêmes fonctions qu'avant la Révolution.
 

Maison de Tardes
L'ensemble reste baptisé « château », notamment en raison du crénelage de la tour centrale qui a été rajoutée au XIXe siècle dans le style « troubadour »...
MAISON DE TARDES
XIIIe et XIVe siècle    (Calcaire)     Rue du Port Nava

L'ensemble reste baptisé « château », notamment en raison du crénelage de la tour centrale qui a été rajoutée au XIXe siècle dans le style « troubadour ». Pourtant, il s'agit d'abord d'une maison forte médiévale comptant jusqu'à 5 niveaux, repérable par une archère du côté de la ville. Puis les embellissements du tournant de la Renaissance la transforment en hôtel particulier doté de baies à meneaux et d'un escalier à vis justifiant l'édification d'une tour hexagonale. Les deux temps de sa construction témoignent des deux époques de prospérité de Saint Macaire avant et après la guerre de Cent Ans. (Cl. M. H. 1997)

Prieuré Saint-Sauveur
À double vocation prieurale et paroissiale, l'église de Saint-Macaire présente un chevet tri-conque référé à un plan d'édifice centré, dont la quatrième abside aurait été remplacée par une nef unique...
PRIEURÉ SAINT-SAUVEUR
XIIe et XVe siècles    (Calcaire)

Les volontés de curetage faisant suite au classement de l'église n'ont laissé subsister du monastère bénédictin qu'une partie de son aile méridionale, objet de l'intervention d'un chantier bénévole de jeunes Macariens dès 1968. L'ancien réfectoire, les cellules supérieures et les celliers inférieurs ont ainsi retrouvé un usage à vocation culturelle. Les investigations archéologiques ont permis d'identifier un établissement gallo-romain et un monastère antérieur. Elles ont également confirmé l'utilisation du rempart comme mur de soutènement, permettant d'établir une terrasse artificielle et de racheter ainsi la forte déclivité du rocher originel. (I. S. M. H. 1925)
 
XVIe siècle   Avant le XIIe siècle - Enduit polychrome (100cm x 250cm)
Les fouilles conduites dans l'aile orientale du cloître ont révélé la présence de peintures murales sur les murs composant le premier monastère. Les vestiges récupérables ont fait l'objet d'une opération de dépose : ils présentent un décor de rideaux suspendus par des anneaux à une bande végétale formant socle pour un registre contenant probablement des personnages.

 

AGNEAU TIRANT LA LANGUE   Avant le XIIe siècle - Calcaire (33cm x 30cm x 12cm)
Cette représentation d'un agneau tirant la langue s'apparente par son gabarit à une métope formant frise entre des corbeaux, et se rattache par son traitement à l'art préroman. Elle a été retrouvée enchâssée dans les fondations de l'ancienne salle capitulaire.


Relais de poste Henri IV
La seule rupture de la succession des arcades' jumelées du Mercadiou correspond à la fausse façade au rez-de-chaussée d'une riche demeure de la Renaissance construite en pierre de taille...
RELAIS DE POSTE HENRI-IV
XVIe siècle    (Calcaire)    Place du Mercadiou

La seule rupture de la succession des arcades' jumelées du Mercadiou correspond à la fausse façade au rez-de-chaussée d'une riche demeure de la Renaissance construite en pierre de taille. La cour intérieure témoigne de la volonté de dégager les sources d'éclairement nécessaires aux logis, mais aussi de disposer d'un lieu privé d'échanges commerciaux. L'ordonnancement de fenêtres à meneaux s'organise sur le rythme d'une croisée et demie aux étages, comme le veut la typologie de l'époque. Comme pour la maison de Tardes, la cour autorise l'érection d'une tour de desserte de niveaux d'occupation. La présence d'écuries en fond de cour témoigne d'une utilisation comme relais de poste et justifie l'installation dans les lieux du musée régional de la Poste. Henri IV serait passé par là. (Cl. M. H. 1973)

ESCALIER À VIS   XVIe siècle - Pierre de taille calcaire (d.: 300cm env.)

La tour polygonale enferme un escalier en pierre de taille composé de marches monolithes, élégies en sous-face et assemblées sur un noyau central par l'intermédiaire d'une découpe en quart de rond : un regard vertical en contre-plongée permettra de découvrir un éventail distribuant l'emmarchement. Il s'agit d'un type répandu y compris à SaintMacaire mais dans ce cas la porte d'entrée est établie sur une arête de la tour, si bien que l'encadrement en pierre de taille offre un travail remarquable de qualité sur le plan de la stéréotomie. (Cl. M. H. 1973)

 

CHEMINÉE PEINTE   XVIe siècle - Pierre de taille polychrome
Classique dans sa composition architecturale pour l'époque, la cheminée du deuxième étage de l'aile ouest possède encore son décor peint où figurent notamment des bustes représentant les poètes de la Pléiade. Sa restauration reste à réaliser mais il confirme que l'intérieur des demeures ne souffrait que très rarement la pierre apparente si prisée de nos jours. (Cl. M. H. 1973)